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Déméter-Coré

Articles avec #yvonne knibiehler

LES MOTS DES MERES

6 Avril 2016, 10:15am

Publié par association Déméter-Coré

LES MOTS DES MERES

Voici la dernière parution d'Yvonne Knibiehler chez Robert Laffont, dans la collection BOUQUINS : LES MOTS DES MERES

Ce livre est écrit en collaboration avec Martine Segaert : professeure de littérature du XXe siècle à l'université de Toulon, directrice du Centre de recherches « Babel » et co-responsable de l'équipe « Femmes et genre ». Ses travaux portent sur la genèse textuelle et la maternité.

PRESENTATION :

Que disent les femmes, qu'écrivent-elles sur la maternité, sur la relation mère-enfant ? En donnant la priorité aux principales intéressées, en mettant en valeur leurs dits et leurs écrits, présentés dans leur contexte historique, cet ouvrage original nous éclaire sur la complexité de la condition maternelle aujourd'hui.

Longtemps, les hommes ont défini la maternité à leur manière. Progressivement, l'instruction des filles s'est généralisée, les femmes ont osé revendiquer leurs droits. Plus tard, le progrès des sciences biologiques et médicales leur a permis de limiter elles-mêmes leur fécondité et d'être mères selon leur volonté.
Cet ouvrage est constitué de quatre grandes séquences.
La première, consacrée à la fin de l'Ancien Régime, montre comment le vécu et les représentations de la maternité ont relativement peu évolué depuis les débuts du christianisme jusqu'à la fin de la monarchie absolue. La publication de correspondances privées donne accès à l'intimité des familles. Les changements décisifs commencent au temps des Lumières. Pendant la Révolution, les femmes sont actives (les plus combatives finissent sur l'échafaud). Elles sont fières de devenir « mères de citoyens ». Ensuite, le code civil promulgué par Napoléon les subordonne à nouveau.
Au XIXe siècle, lorsque, en 1848, la Deuxième République accorde le droit de suffrage à tous les hommes, et en exclut toutes les femmes, mères ou non, la revendication féministe prend forme et s'organise peu à peu, multipliant les témoignages et les articles dénonciateurs. Les textes narratifs relaient leurs luttes. Le roman devient un genre privilégié pour dénoncer les injustices et pour traiter de la libre maternité.
Au début du XXe siècle, dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, les romans de l'arrière retracent le quotidien des « remplaçantes », qui font le travail des hommes mobilisés. Ils disent aussi la douleur des mères qui ont perdu leur fils au front. Durant l'entre-deux-guerres, tandis que les « garçonnes » s'affirment, certains romans disent la joie d'être mère et la parturiente devient un personnage central. La Deuxième Guerre mondiale, l'Occupation, les années noires, éprouvent les familles : les mères écrivent la lutte au quotidien, la Résistance et les camps de la mort. La plupart des témoignages cités n'ont été tirés de l'oubli que récemment.
Au milieu du siècle, l'apogée du baby-boom coïncide avec la révolution beauvoirienne, qui met à mal nombre d'idées reçues. Les femmes osent traiter de sujets tabous comme le viol et l'inceste. Elles trouvent les mots pour dire le corps, la jouissance, le désir d'enfant, la beauté de la naissance, l'avortement, le déni de grossesse, la folie maternelle, et aussi la mort de la mère. Leur fécondité littéraire devient intarissable.
Aujourd'hui, elles réfléchissent sur la procréation médicalement assistée et sur la complexité de la mission maternelle (nouvelles configurations familiales, maternité et travail, éducation, transmission).

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LA REVANCHE DE L'AMOUR MATERNEL ?

16 Septembre 2015, 11:44am

Publié par association Déméter-Coré

LA REVANCHE DE L'AMOUR MATERNEL ?

LA REVANCHE DE L'AMOUR MATERNEL ?

Yvonne KNIBIEHLER présente son dernier livre paru début septembre chez ERES

"Mon dernier livre s'intitule La revanche de l'amour maternel?. En vérité je ne prends aucune revanche. Je prétends seulement analyser, en toute lucidité, le début d'une nouvelle étape dans l'histoire des mères et de la maternité. L'amour maternel avait été mis en valeur, au temps des Lumières, par Rousseau entre autres. Deux siècles plus tard, il est devenu quelque peu suspect, tant pour les psychanalystes que pour les féministes des années 1970-1980. Depuis la libération sexuelle il est passé sous silence. Aujourd'hui, les femmes disposent de tous les droits civils et politiques, elles peuvent exercer les mêmes activités que les hommes. Pour autant, elles ne renoncent pas à avoir des enfants, même si elles ont désormais le choix : la plupart veulent être à la fois mères et "actives". Cette revendication s'inscrit dans un nouveau système de représentations : chacune veut d'épanouir dans sa vie publique comme dans sa vie privée. Or la maternité pèse sur les femmes, bien plus que la paternité ne pèse sur les hommes, d'abord pour des raisons biologiques évidentes, mais aussi dans la vie quotidienne et dans les mentalités. La société attend toujours plus d'une "bonne mère" que d'un "bon père", même si le cahier des charges n'est jamais précisé, ni pour l'une, ni pour l'autre . Quelles sont les conséquences?

Les femmes qui ont des enfants sont souvent handicapées dans leur vie professionnelle, freinées dans toutes leurs ambitions, et parfois très éprouvées moralement, surtout quand le père est défaillant... Elles "se débrouillent", plus ou moins bien. En tous cas, leurs comportements et leurs revendications contraignent la société à des choix politiques et culturels : il faut élever les jeunes dans un nouveau contexte, il faut imaginer des modes de "conciliation", d'articulation, d'équilibre entre la vie familiale et l'activité professionnelle , redéfinir la "parentalité". A l'évidence, la volonté qu'ont les femmes de cumuler travail et maternité ouvre la porte à un remaniement profond de l'organisation sociale: il faudra repenser la condition maternelle (ainsi que la condition paternelle) et réformer de fond en comble le code du travail. Quant aux féministes , elles ont un seuil à franchir. Si, dans les années 1970-1980, il état justifié de mettre la maternité de côté, ce n'est plus le cas aujourd'hui, puisque les femmes réintroduisent elles-mêmes leurs soucis maternels dans la vie publique. Il convient de placer le sujet mère à côté du sujet femme, de rendre aux mères une meilleure visibilité, une forte présence, une lucidité responsable et combative

Revisitons l'amour maternel ! Quelque chose passe à travers lui, bien au-delà des mots, de la raison et de la science. Quelque chose d'essentiel à la culture humaine. Rousseau l'avait pressenti... Face aux menaces de la société néo-libérale, l'amour maternel est un levier qui pourrait faire bouger le monde."

 

présentation de l'ouvrage sur youtube

présentation de l'ouvrage sur youtube

cliquez ici pour voir la video sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=bcSqvhoAJwI

UN LIVRE A COMMANDER chez votre libraire ou sur le site de l'éditeur ERES où vous pourrez découvrir également la collection 1001 BB dirigée par Patrick Ben Soussan : http://www.editions-eres.com/parutions/enfance-et-parentalite/1001-bb-du-cote-des-parents/p3659-revanche-de-l-amour-maternel-1001bb-n-142-la-.htm

A VOS CRITIQUES ! A VOS COMMENTAIRES ! les livres sont une invitation au dialogue. Vous pouvez utiliser la rubrique commentaires pour donner votre avis sur les idées portées par ce livre

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POURQUOI DEMETER-CORE ?

13 Octobre 2014, 17:15pm

Publié par association Déméter-Coré

POURQUOI DEMETER-CORE ?

Yvonne KNIBIEHLER est Professeur honoraire à l'Université de Provence, spécialisée en Histoire des femmes, de la famille et de la santé

Pourquoi avoir créé cette association ?

Yvonne Knibiehler : DEMETER-CORE est la 3ème association que je co-fonde. Avant, il y a eu "le centre d'études féminines" et "Les femmes et la ville". J'aime le dialogue, l'engagement et la possibilité d'agir en groupe qu'offre le système associatif.

Pourquoi une association sur la maternité seulement en 2010 alors que tout votre travail de chercheuse et d'universitaire est centré sur la maternité depuis longtemps ?

Yvonne Knibiehler : Dans les années 70, ça n'aurait pas été possible. Ce n'était pas le moment. S'occuper de la maternité, c'était tomber à côté de ce qu'on considérait comme essentiel à l'époque. Le temps passant, les nouvelles générations arrivant, j'ai senti que les choses changeaient, qu'il y avait une attention renouvelée pour la maternité, chez les femmes elles-mêmes et dans les discours socio-culturels. Il est donc temps d'en parler, de continuer à élucider ce qu'est "être mère" pour les femmes, les hommes et la société. Il est temps aussi d'agir pour que les femmes d'aujourd'hui et de demain puissent vivre leur maternité de façon plus libre.

Et pourquoi ce nom qui renvoie aux déesses de l’antiquité, à une mère et sa fille ?

Yvonne Knibiehler : J'ai hésité avec "Isis", mais finalement j'ai choisi DEMETER parce qu'elle était parmi les déesses les plus populaires de la Grèce antique. Et puis, elle a été célébrée pendant plus de 1000 ans ! L'histoire de DEMETER-CORE, c'est celle de la vie tout simplement, celle du renouveau perpétuel.

Vous aussi, vous projetez votre association dans le temps. Vous souhaitez aboutir à un centre de recherche et d'intervention permanent. Quel est votre rêve ?

Yvonne Knibiehler : rassembler les compétences de ceux qui savent, ceux qui cherchent, ceux qui agissent sur le terrain, ceux qui gèrent. Aborder les sujets de manière transversale, pluridisciplinaire. Se mettre ensemble pour comprendre mieux et inventer des améliorations mieux adaptées à l'époque. Et s'il doit être permanent, c'est parce que la maternité demeurera dans des contextes différents qui génèreront toujours de nouvelles nécessités, donc  de nouvelles réponses.

BIBLIOGRAPHIE

Yvonne KNIBIEHLER a écrit de nombreux ouvrages. Sont regroupés ici ceux qui sont consacrés à la maternité.

2014 : QUESTIONS POUR LES MERES, sous la direction d’Yvonne Knibiehler, Eres

2013 : LA MATERNITE A L’EPREUVE DU GENRE, EHEESP, Rennes

2007 : ACCOUCHER, Ecole Nationale de la Santé publique, Rennes

2007 : QUI GARDERA LES ENFANTS, mémoires d’une féministe iconoclaste, Calmann-Levy

2004 : MATERNITE ET PARENTALITE, sous la direction d’Y. Knibiehler et Gérard Neyrand, Ecole nationale de la santé publique, Rennes

2004 : LA NAISSANCE EN OCCIDENT, en collaboration avec le Dr Paul Cesbron, Albin Michel

2001 : MATERNITE, affaire privée, affaire publique, sous la direction d’Yvonne Knibiehler - préface de Françoise Héritier, Bayard

2000 : HISTOIRE DES MERES ET DE LA MATERNITE EN OCCIDENT, Que sais-je, n°3539 (traduit en espagnol, éditions Nueva Vision)

1999 : REPENSER LA MATERNITE, sous la direction d’Yvonne Knibiehler, Panoramiques n°40

1997 : LA REVOLUTION MATERNELLE DEPUIS 1945, Perrin (prix Séverine 1998)

1987 : LES PERES ONT AUSSI UNE HISTOIRE, Hachette (traduction en allemand, Freiburg 1996)

1980 : L’HISTOIRE DES MERES, en collaboration avec Catherine FOUQUET, Montalba - 2ème édition Hachette Pluriel 1982 (traduction en japonais)

A NOTER : parution en 2012 de LA VIRGINITE FEMININE, Odile Jacob

Lire l’interview d’Yvonne Knibiehler dans le n°49 du journal CAUSETTE : « je ne suis pas la pucelle que vous croyez » http://www.causette.fr/articles/lire-article/article-946/je-ne-suis-pucelle-que-vous-croyez.html

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