Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Déméter-Coré

LA MATERNITE VUE CÔTE THEÂTRE

4 Juillet 2016, 14:37pm

Publié par association Déméter-Coré

LA MATERNITE VUE CÔTE THEÂTRE

Comment vivent les jeunes mères d'aujourd'hui ? à quels problèmes sont-elles confrontées ? Comment en parlent-elles ? Comment réagissent-elles ?

LES FILLES DE SIMONE se sont emparées de la question épineuse de la maternité pour en faire une pièce de théâtre alerte, drôle, tendre, émouvante, intelligente, où chacune peut reconnaître un peu ou beaucoup de son vécu. Les mères d'une fille qui devient mère ou d'un fils qui devient père y trouveront aussi leur compte en comprenant mieux ce qui se joue dans les nouvelles générations.

ça a toujours été (un peu) compliqué d'être l'origine du monde, mais aujourd'hui les femmes doivent trouver leur voie originale coincées entre les discours, parfois contradictoires,  hérités des "aïeules" : Beauvoir, Badinter et Knibiehler !

Yvonne KNIBIEHLER et Déméter-Coré vous recommande chaleureusement ce déplacement à AVIGNON - entre le 7 et le 30 juillet - à 12h10 - CONDITION DES SOIES, 13 rue de la Croix

RESERVATIONS 04 90 22 48 43

et si vous n'êtes pas dans la région, prévoyez de rattraper la troupe à Paris, au théâtre du Rond Point en septembre.

Ou alors... achetez le texte de la pièce chez ACTES SUD

Voir les commentaires

Parution "TRAVAIL ET MATERNITE dans l'aire méditerranéenne"

14 Avril 2016, 07:10am

Publié par association Déméter-Coré

Parution "TRAVAIL ET MATERNITE dans l'aire méditerranéenne"

Les actes des dernières rencontres organisées par DEMETER-CORE en 2015 viennent de paraître aux éditions l'Harmattan.

"Aujourd'hui, la plupart des femmes tiennent à exercer une activité rémunératrice, au côté et à l'égal des hommes, sans renoncer pour autant à devenir mère. Cette double exigence provoque peu à peu des dérangements culturels et sociaux imprévus. Car la maternité pèse sur les femmes bien plus que la paternité ne pèse sur les hommes. Sont remis en question : la définition même de la maternité, vue jusque là comme une vocation exclusive ; la définition du travail : mettre au monde et élever un enfant est-ce un" travail", au sens ordinaire du terme ? ; l'asymétrie entre le féminin et le masculin.

Nous avons interrogé simultanément des chercheurs en sciences humaines (histoire, psychologie, sociologie) et des acteurs/ actrices de terrain.

Nous avons focalisé sur l'aire méditerranéenne, un peu parce que nous y vivons. Plus encore parce que, depuis la plus haute Antiquité, la maternité y a été l'objet d'une fidèle vénération. Les mères méditerranéennes inventent-elles des stratégies de réconciliation entre le sujet femme et le sujet mère ?"

A COMMANDER chez votre libraire ou directement chez l'éditeur

http://http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50406

Voir les commentaires

LES MOTS DES MERES

6 Avril 2016, 10:15am

Publié par association Déméter-Coré

LES MOTS DES MERES

Voici la dernière parution d'Yvonne Knibiehler chez Robert Laffont, dans la collection BOUQUINS : LES MOTS DES MERES

Ce livre est écrit en collaboration avec Martine Segaert : professeure de littérature du XXe siècle à l'université de Toulon, directrice du Centre de recherches « Babel » et co-responsable de l'équipe « Femmes et genre ». Ses travaux portent sur la genèse textuelle et la maternité.

PRESENTATION :

Que disent les femmes, qu'écrivent-elles sur la maternité, sur la relation mère-enfant ? En donnant la priorité aux principales intéressées, en mettant en valeur leurs dits et leurs écrits, présentés dans leur contexte historique, cet ouvrage original nous éclaire sur la complexité de la condition maternelle aujourd'hui.

Longtemps, les hommes ont défini la maternité à leur manière. Progressivement, l'instruction des filles s'est généralisée, les femmes ont osé revendiquer leurs droits. Plus tard, le progrès des sciences biologiques et médicales leur a permis de limiter elles-mêmes leur fécondité et d'être mères selon leur volonté.
Cet ouvrage est constitué de quatre grandes séquences.
La première, consacrée à la fin de l'Ancien Régime, montre comment le vécu et les représentations de la maternité ont relativement peu évolué depuis les débuts du christianisme jusqu'à la fin de la monarchie absolue. La publication de correspondances privées donne accès à l'intimité des familles. Les changements décisifs commencent au temps des Lumières. Pendant la Révolution, les femmes sont actives (les plus combatives finissent sur l'échafaud). Elles sont fières de devenir « mères de citoyens ». Ensuite, le code civil promulgué par Napoléon les subordonne à nouveau.
Au XIXe siècle, lorsque, en 1848, la Deuxième République accorde le droit de suffrage à tous les hommes, et en exclut toutes les femmes, mères ou non, la revendication féministe prend forme et s'organise peu à peu, multipliant les témoignages et les articles dénonciateurs. Les textes narratifs relaient leurs luttes. Le roman devient un genre privilégié pour dénoncer les injustices et pour traiter de la libre maternité.
Au début du XXe siècle, dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, les romans de l'arrière retracent le quotidien des « remplaçantes », qui font le travail des hommes mobilisés. Ils disent aussi la douleur des mères qui ont perdu leur fils au front. Durant l'entre-deux-guerres, tandis que les « garçonnes » s'affirment, certains romans disent la joie d'être mère et la parturiente devient un personnage central. La Deuxième Guerre mondiale, l'Occupation, les années noires, éprouvent les familles : les mères écrivent la lutte au quotidien, la Résistance et les camps de la mort. La plupart des témoignages cités n'ont été tirés de l'oubli que récemment.
Au milieu du siècle, l'apogée du baby-boom coïncide avec la révolution beauvoirienne, qui met à mal nombre d'idées reçues. Les femmes osent traiter de sujets tabous comme le viol et l'inceste. Elles trouvent les mots pour dire le corps, la jouissance, le désir d'enfant, la beauté de la naissance, l'avortement, le déni de grossesse, la folie maternelle, et aussi la mort de la mère. Leur fécondité littéraire devient intarissable.
Aujourd'hui, elles réfléchissent sur la procréation médicalement assistée et sur la complexité de la mission maternelle (nouvelles configurations familiales, maternité et travail, éducation, transmission).

Voir les commentaires

Rencontres : les féminismes aujourd'hui et demain/transmissions et débats

1 Avril 2016, 06:41am

Publié par association Déméter-Coré

Rencontres : les féminismes aujourd'hui et demain/transmissions et débats

MARDI 19 AVRIL

9h30 : ouverture par Yvonne Knibiehler et les représentants des collectivités locales

toutes les tables rondes incluent un large temps de débat avec la salle

9h45 - 12h30 

QUI EST FEMINISTE EN 2016 A MARSEILLE ET DANS LE MONDE ?

Responsable : collectif 13 Droits des femmes. Enjeux contemporains du féminisme et liens entre le féminisme et les autres mouvements d'émancipation. Nous présenterons les résultats de l'enquête sur les féminismes. Projection du documentaire de Muriel Jacoub "Mulheres en marcha" sur la marche mondiale des femmes de 2015. Avec Esther Fouchier, présidente du collectif 13, Zoë Dubus, doctorante en histoire, Fouzia Assouli, présidente de la FLDDF (Maroc) et de la Fondation des Femmes de l'Euro-méditerranée, Ana Sofia Fernandez (plateforme portugaise pour les droits des femmes), Asuncion Miura, Coalition international contre l'exploitation sexuelle des femmes ( CATW). Projection du documentaire de Feriel BEN MAHMOUD : "la révolution des femmes, un siècle de féminisme arabe"

13h30 - 15h30

FEMINISMES ET MATERNITES

Responsable : DEMETER-CORE. La maternité pèse sur les femmes bien plus que la paternité ne pèse sur les hommes. Mais devenir mère est aussi un accomplissement charnel et affectif si gratifiant que la plupart des femmes ne veulent pas s'en priver. Les modes de garde de la petite enfance qui visent à réconcilier le sujet-femme et le sujet-mère sont loin d'être en nombre suffisants et satisfaisants. les jeunes féministes, hommes et femmes, ont à inventer des solutions nouvelles. Avec Yvonne Knibiehler, historienne, Gérard Neyrand, sociologue, Camille Froidevaux-Metterie, professeur-chercheur en sciences politiques

16h00 - 18h00

FEMINISMES. LAÏCITES. RELIGIONS

Responsable : Forum Femmes Mediterranée et Les Filles d'Abraham en dialogue. Le concept de laïcité qui ignorait la différence des sexes, aujourd'hui invite les femmes à s'approprier leur corps et à disposer d'elles-mêmes. Il apporte ainsi des arguments puissants et précieux au processus de libération. Mais ne va pas sans poser problèmes aux fidèles des religions monothéistes. Notamment à propos du droit à l'avortement, ou du port du voile. Avec Renée Dray-Bensoussan, Chahla Chafiq, écrivaine et sociologue

18h00 - 19h00

APERITIF - SIGNATURE

19h00 - 20h30

CONCERT Christina ROSMINI. Présentation du nouvel album "LALITA"

soirée offerte par la Fondation Anna Lindh

MERCREDI 20 AVRIL

9h30 - 12h00

FEMINISMES. CONTROVERSES. TRANSMISSIONS

Responsable : GenderMed (MMSH). Les féminismes ont toujours été multiples, complexes : d'abord parce qu'ils expriment des aspirations de femmes appartenant à des milieux très divers, mais aussi parce que ses préoccupations évoluent sans cesse au fil du temps, d'une génération à l'autre. Les enjeux contemporains impliquent une adaptation des idées et des méthodes. Avec Irène Théry, sociologue directrice d'études à l'EHESS,  Wafaa Ziti, doctorante de la formation doctorale Genre, Sociétés et cultures, université Hasssan II Casablanca, Martine Storti, journaliste et écrivaine française.

PROJECTION du documentaire de David Guggenheim "HE NAMED ME MALALA"

Malala Yousafzai, prix Nobel de la paix, pour le droit des femmes à l'éducation. Celle-ci s'est déclarée féministe suite au discours d'Emma Watson à l'ONU

13h30 - 16h00

FEMINISMES ET MONDIALISATION

Responsable : RUSEMEG. La mondialisaiton confronte le féminisme à la diversité des cultures et aux différences de développement. Nous présenterons ce qui a déjà beaucoup progressé ! et ce qui reste à conquérir ! Avec Zohra Mesgueldi, présidente du Rusemeg, Marie-Angels Roque, directrice de la revue Quaderns (IEMED)

17h00 - 18h00

CONCLUSIONS par Esther Fouchier et débat avec la salle

EN PRATIQUE :

inscription à  : association.demeter.core@gmail.com

un repas sur place est possible sur réservation (même adresse) : 10 euros

 

Voir les commentaires

FEMINISMES EN 2016

14 Mars 2016, 14:28pm

Publié par association Déméter-Coré

Yvonne KNIBIEHLER souhaite partager avec vous le TEXTE DE SA CONFERENCE pour la journée des femmes organisée par la mairie d'Aix en Provence, le 12 mars 2016. N'hésitez pas à réagir, commenter, nous écrire. Les idées sont vivantes...

Notre association DEMETER-CORE, en collaboration avec plusieurs associations marseillaises, a lancé en septembre dernier un sondage par questionnaire sur le thème : "Qui est féministe en 2016? Que veulent les féministes aujourd'hui?". Les résultats sont plutôt décevants : les réponses sont peu nombreuses, très brèves, venant rarement de jeunes. Et toutes se bornent à répéter les formules anciennes : égalité des droits, parité des engagements... De toute évidence, nous étions en décalage : nous prêtions aux enquêté(e)s nos propres soucis, nos propres interrogations nos ruminations d'intellectuelles. Pour déceler des mouvements profonds de sensibilité, il fallait trouver d'autres modes d'approche.

Nous avons donc amorcé, un peu à tâtons, deux démarches. Première démarche, nous avons feuilleté les magazines populaires, et nous avons parcouru les sites, les blogs et les forums d'internet. Là, nous avons effectivement trouvé les griefs, les préoccupations, les aspirations des jeunes femmes, libérées par l'anonymat. Elles ne se disent pas féministes, et ne se demandent même pas si elles le sont. Mais leurs propos contiennent pas mal d'éléments capables d'inspirer des féministes militantes. Deuxième démarche, nous avons tenté d'observer les associations féminines/féministes qui existent, bien plus nombreuses et diverses que nous ne pensions : quels objectifs déclarent-elles? quelles actions entreprennent-elles? avec quels résultats? Nous avons constaté qu'effectivement, là aussi, un renouvellement s'opérait.

Nos investigations ne font que commencer, et elles ne seront jamais terminées... parce que la vie c'est le changement ! Nous saisissons avec joie l'opportunité qui nous est offerte d' en débattre avec vous, et nous en remercions chaleureusement K. Silvestre et la municipalité d'Aix-en-Provence . Celles, ceux d'entre vous qui souhaiteraient s'associer à nos travaux seront les bienvenu.e.s (laissez-nous vos coordonnées). D'ailleurs, nous organiserons prochainement à Marseille, les 19 et 20 avril, des Rencontres, en collaboration avec plusieurs autres associations, sur ce même thème : Les féminismes aujourd'hui et demain. Transmission et débats (distribuer le programme).

Malgré le manque de recul, nous avons rassemblé quelques éléments utiles. Je vous les soumets, sous forme d'une réflexion en trois étapes. Primo : Quels changements sont perceptibles dans le féminisme actuel? Secundo : Pourquoi devient-il nécessaire de repenser le féminisme ? Tertio : Dans l'avenir proche, comment renouveler les modes d'intervention du féminisme?

I. Le féminisme en 2016.

Je dis "le féminisme", je ferais mieux de dire "les féminismes", car le mouvement a toujours été complexe, divisé, pluriel. C'est inévitable puisqu'il exprime les aspirations de personnes différentes, selon leur milieu d'origine, leur éducation, leurs convictions, leurs activités. Pourtant, durant les années 1960-1970, un grand élan commun entrainait militantes et militants, ce qui donnait au féminisme une unité, une présence et une force irrésistibles. Cet élan commun a disparu, et du coup, le féminisme, en tant que mouvement social, a perdu toute visibilité. Bien des gens, surtout les jeunes, en concluent qu'il n'existe plus, que son temps est passé. Nous croyons, bien au contraire, qu'il garde toutes ses raisons d'être. Certes il est plus divisé que jamais, éparpillé en quelque sorte, mais cela lui permet de s'infiltrer partout, sous les formes les plus diverses. Cette diversification est repérable à la fois dans le comportement des individus et dans celui des associations.

1. Commençons par les réactions individuelles.

Les nouvelles générations sont tout aussi exigeantes que nous, mais elles ont d'autres préoccupations : non plus acquérir des droits, mais profiter des droits acquis. On assiste partout à une forte poussée d'égocentrisme. Affranchies de tout sentiment d'infériorité, chacune pense d'abord à soi, à sa liberté, à son bien-être ; elles veulent disposer de leur corps d'abord pour en jouir: séduire, aimer, être aimée, varier les plaisirs, et cela de plus en plus jeunes. Ce qui nous a surprises c'est de découvrir un retour vers la "féminité", sans se soucier de la définir, sans craindre de bafouer les principes de leurs mères (qui cherchaient surtout à égaler les hommes). Ayant appris à "ne pas se laisser faire", elles se montrent exigeantes dans leurs relations de couple, elles ont souvent de la peine à fonder un couple stable. Résultat : le nombre des mères qui élèvent seules leurs enfants augmente, et beaucoup vivent dans la précarité matérielle et psychologique; certaines se hâtent de "recomposer" une famille, à tous risques...

Autre constatation : au mépris de tous les encouragements, les filles qui font des études hésitent à se lancer dans des filières dominées par les garçons. Elles redoutent la compétition, les conditions de travail trop lourdes; elles préfèrent assurer l'équilibre de leur vie privée, rester disponibles pour pouvoir s'occuper de leur foyer, de leur conjoint, de leurs enfants. Elles choisissent, encore et toujours, des "métiers de femme", ou des emplois de faible responsabilité; elles ne souhaitent pas devenir "des hommes comme les autres". Parmi les plus modestes, certaines vont jusqu'à dire : " Nos mères ont eu de la chance, leur mari les nourrissait, elles pouvaient rester bien tranquilles à la maison. Alors que moi je trime tous les jours, pour gagner trois fois rien, et je ne peux pas m'occuper de mes enfants". Ces femmes travaillent par nécessité, non pour être autonomes. Ce qui pose une question : la deuxième vague féministe a-t-elle "libéré" toutes les femmes, ou a-t-elle imposé de nouvelles normes?

Autre exemple difficile à entendre pour les occidentales . De jeunes musulmanes arborent le voile islamique en disant : "J'ai le droit de m'habiller comme je veux. J'affirme ma liberté". Rappelons que les musulmans n'ont pas inventé le voile : dans l'Antiquité, les Grecques, et les Latines, ainsi que les juives, et plus tard les chrétiennes se couvraient dans les lieux publics . A l'opposé, les femen actuelles manifestent torse nu. Ces comportements interrogent la "pudeur féminine". Est-ce une prison, imposée par la jalousie masculine? Ou est-ce un refuge pour celle qui redoute les familiarités abusives? Où commence la provocation?

Retenons l'aspect positif de ces nouvelles attitudes : chacune s'approprie le féminisme à sa manière. Cela ne dispense pas les féministes déclarées de réfléchir sur ces questions

2. Regardons maintenant du côté des associations.

A Marseille, en 2010-2012, plus de 500 associations féminines étaient déclarées. Même si bon nombre d'entre elles ont sans doute cessé toute activité, cette prolifération prouve déjà la vitalité du féminisme . Car c'est bel et bien le féminisme qui a fait naître les associations féminines. Avant lui, l'institution familiale séparait les femmes, chacune chez soi, sous le contrôle d'un père ou d'un mari; elles ne pouvaient guère discuter entre elles de leurs intérêts communs. Les premières associations féminines datent de la Révolution française. Depuis les femmes ont appris de mieux en mieux à se regrouper pour réclamer leurs droits. Aujourd'hui, certaines associations récentes très combatives se proclament féministes. D'autres, également très actives, et très efficaces, se bornent à choisir un objectif précis et lui consacrent toute leur énergie : lutte contre les violences faites aux femmes, défense de la laïcité, égalité des salaires, parité en politique, etc. Cette spécialisation est excellente : elle oblige les militantes à acquérir des savoirs, des compétences, une assurance, qui en imposent aux pouvoirs publics. Non seulement ces associations réussissent à démanteler peu à peu les privilèges masculins, mais elles alertent l'opinion publique et la font évoluer. Cette diversification ne les dispense pas de se rencontrer , pour s'informer mutuellement et faire le point de l'actualité. C'est ce que nous faisons ici aujourd'hui.

Bravo ! Le ciel s'éclaircit ! Et pourtant, déjà, de nouveaux nuages s'amoncèlent. D'une génération à l'autre, le monde change, les conditions d'existence se modifient. Nous ne pouvons pas empêcher ces évolutions (répétons-le : la vie humaine c'est le changement); mais nous pouvons, nous devons tenter de prévenir des dérives funestes. Et pour y réussir, nous devons inventer de nouvelles stratégies. Certes le fondement originel du féminisme reste immuable. Il s'agira toujours et partout d'empêcher la subordination des femmes et du féminin. Mais nous devons apprendre à repérer les nouveaux défis, et à y répondre.

II. Les nouveaux défis.

A mon sens, trois défis sont aujourd'hui particulièrement préoccupants : les migrations, la définition du "genre", les mutations de la parentalité.

1. Les migrations ne sont pas nouvelles, mais elles sont vécues dans un nouveau contexte historique. Le problème de la cohabitation des cultures, naguère masqué par la prétendue "intégration", ne va plus de soi. La France est laïque, les autres états occidentaux acceptent la liberté de pensée. Or tous accueillent des immigrés très attachés à leurs religions et coutumes traditionnelles. La rencontre provoque des affrontements dont les femmes sont presque toujours les principales victimes (notamment à propos du voile...).

Plus généralement, la diversité des cultures à travers le monde pose des problèmes inédits. Peut-on être féministe de la même manière au Nigéria et en Suède? Il faut mettre au point des modes d'action tout à fait différents selon les lieux et les moments. Un exemple : la lutte contre l'excision n'est pas nouvelle, mais dans certains cas, il s'avère qu'elle doit être conduite avec prudence, faute de quoi, elle provoquera des crispations identitaires : les féministes seront taxées de néocolonialisme, et rejetées en bloc...

2. Le mot "genre" a été doté de nouvelles significations grâce au progrès des sciences humaines. Les chercheurs ont démontré que le sexe biologique n'impose rien, les genres, féminin et masculin, sont le produit de la culture et de l'éducation . Les sociétés patriarcales ont élevé les filles et les garçons de manières différentes, en vue de leur imposer des tâches différentes, quels que soient les goûts et les aptitudes de chacune, de chacun . Et les tâches féminines ont toujours été subordonnées, dévalorisées Pour progresser vers l'égalité, il faudrait d'abord "déconstruire" ces modèles contraignants. Mais quels sont les meilleurs moyens d'une "déconstruction" efficace? Les tentatives récentes du ministère de l'Education pour rajeunir les programmes scolaires ont provoqué un violent conflit. Les opposants ne sont pas tous de bonne foi, ils défigurent sciemment les intentions du projet ministériel. Cependant ils obtiennent aisément l'adhésion des communautés conservatrices (tant catholiques que juives ou musulmanes) et d'une large part des couches populaires, toujours très attachées à la famille traditionnelle. La déconstruction des genres, en effet, autorise les revendications des homosexuels, bisexuels, transsexuels, elle justifie le mariage entre personnes de même sexe, ainsi que leur accès à la parentalité. Innovations déconcertantes, pour bien des gens.

3. Le troisième nouveau défi, ce sont justement les mutations de la parentalité (elles mobilisent tout particulièrement notre association DEMETER-CORE). Ces mutations s'accélèrent dans deux domaines : celui de la bio-physiologie et celui de l'accueil des jeunes enfants.

Dans le domaine physiologique les progrès galopants des sciences et des techniques médicales nous embarquent toutes et tous dans un immense changement de civilisation dont nul ne peut prévoir l'issue. L'enfantement est de plus en plus dissocié non seulement de l'union sexuelle, mais aussi du corps de la mère. La fécondation in vitro permet la production d'embryons en éprouvette; ensuite un embryon peut être implanté dans n'importe quel utérus. Les médecins savent aujourd'hui pratiquer la greffe d'utérus, même dans le ventre d'un homme. D'ailleurs ils annoncent la mise au point d'un utérus artificiel pour dans moins d'un siècle, c'est-à-dire demain. Est-ce l'ultime condition de la libération réelle des femmes? Exonérées de la grossesse et de l'accouchement, deviendront-elles des hommes comme les autres? Et que feront les hommes de ces techniques qui leur permettront de se passer des femmes pour avoir des enfants?

Quant à l'accueil des jeunes enfants (autre moment de la parentalité) il pose problème depuis que les mères travaillent. Rappelons d'abord une exploitation scandaleuse. Nombreuses sont les jeunes femmes, venues d'Afrique ou/et des Philippines, qui se séparent de leurs propres enfants pour venir soigner ceux des Occidentales. Comment réagir?

Autre innovation préoccupante : l'accueil des jeunes enfants, est en voie de professionnalisation. Les jeunes mères ont toujours eu besoin d'être aidées. A défaut d'aide familiale, les plus aisées recrutaient des nounous et des bonnes d'enfant, qu'elles rétribuaient, et sur qui elles gardaient toute autorité. Au temps du baby boom, encore, l'accord se faisait souvent entre femmes, de gré à gré. Ensuite les pouvoirs publics ont imposé leur contrôle : celles qui accueillent des jeunes enfants doivent être agréées par la PMI, et recevoir une formation qualifiante; c'est vrai non seulement pour le personnel des crèches, mais aussi pour les "assistantes maternelles", qui reçoivent les enfants chez elles. A la mère, aucune formation n'est proposée . Des conflits peuvent s'ensuivre. Ajoutons que pour répondre à une demande croissante, l'Etat a permis aux entrepreneurs privés de proposer leurs services, en vue procurer aux parents, contre rétribution, des auxiliaires de qualité garantie. Cette "marchandisation" est dans la logique de notre société néolibérale. Elle a l'inconvénient d'installer une concurrence qui fait monter les prix : les meilleurs services sont les plus coûteux. Les inégalités sociales s'aggravent.

Face à ces changements, les féministes semblent muettes. Sans doute parce qu'elles en restent à une conception égocentrique de la maternité. "Un enfant si je veux, quand je veux", disait-on en 68. ça ne regarde que moi. En réaction contre la maternité-destin, la maternité-devoir, encore en vigueur pendant le baby boom, le devenir mère n'était déclaré acceptable que comme épanouissement narcissique du moi féminin. Oui mais, en le réduisant à sa dimension intime, les jeunes femmes se privaient de toute réflexion collective, et de toute intervention publique. Or la maternité pèse sur les femmes bien plus que la paternité ne pèse sur les hommes. Elle constitue même un facteur majeur d'inégalité. Non seulement entre les femmes et les hommes, mais aussi entre les femmes, entre celles qui n'ont pas d'enfant et celles qui en ont. C'est de là qu'il faut partir pour "repenser le féminisme" .

III Visions d'avenir .

1. D'abord au plan familial.

Les luttes féministes ont ouvert de nouvelles perspectives pour les hommes aussi. Les mères ont fait appel aux pères pour partager les charges parentales, et les "nouveaux pères" se sont volontiers investis : ils réclament à présent plus de temps libre pour leur vie privée. Pourtant "l'égalité" reste assez utopique dans ce domaine. Il y a quelque mesquinerie à chiffrer le partage en heures, minutes, secondes, alors que chaque cas est particulier et relève en fait d'une négociation quasi quotidienne entre deux adultes de bonne volonté. L'important, pour transformer l'avenir, c'est l'éducation des jeunes : elle commence dès la naissance. Les parents "élèvent", au sens le plus noble du terme, les enfants qu'ils mettent au monde. Mais de nos jours un problème se pose à eux : l'éducation est devenue un objet de sciences à propos duquel les publications savantes se sont multipliées. Il y a là de quoi intimider les parents les plus zélés! L'accès aux savoirs indispensables devrait leur être plus facile.

Rappelons que la responsabilité maternelle s'est alourdie et diversifiée au XXe siècle. Pour trois raisons, bien connues : 1. La mère exerce l'autorité parentale à égalité avec le père. 2. C'est la femme, en dernier ressort, qui impose la vie à un enfant, en acceptant la grossesse. "L'enfant désiré" est infiniment précieux, chéri! . 3. La mère est désormais citoyenne, puisqu'elle dispose des droits politiques : elle peut donc, - et même elle doit - contribuer activement à l'aménagement de la cité au sein de laquelle son enfant grandira. Le sujet mère se superpose au sujet femme : la maternité est une fonction politique. La paternité aussi, mais les hommes l'oublient : ils se sont trop habitués à dissocier la citoyenneté de la vie familiale, à laisser la famille aux femmes. Mauvais partage ! Les femmes, les enfants, la famille, ne sont pas seulement des affaires privées!

2. Plaçons-nous ensuite dans la perspective professionnelle, puisque la plupart des mères françaises sont aujourd'hui en activité. Les métiers, les emplois, ont presque tous été agencés par des hommes, pour des hommes, puisque naguère encore, les femmes, les mères, étaient supposées ne pas "travailler". Celles qui veulent exercer une activité rétribuée, doivent entrer dans le moule du "travailleur", qui ne tient aucun compte des obligations maternelles. Une jeune mère en emploi jouit mal de l'idylle maman-bébé , elle souffre parfois cruellement de confier son tout petit à une autre personne. Tout se passe comme si on lui disait: débarrasse-toi vite de ton gosse, l'intérêt de ton employeur est prioritaire. A mon avis, les femmes s'insèrent trop docilement dans ce système, au prix d'un surmenage et d'une culpabilisation qu'elles n'osent pas avouer, de crainte d'être renvoyées définitivement à leurs casseroles. Elles devraient subvertir tous les métiers pour les adapter à leurs propres usages.

Il y a des précédents, par exemple parmi les femmes juristes, les femmes médecins et les enseignantes. Précisons ces trois exemples.

-- Les injustices du code civil n'ont pu être dénoncées et combattues que quand des femmes juristes, diplômées en droit, ont été en mesure d' affronter les hommes . Elles ont fait merveille. Entre autres victoires, je vous rappelle l'audace de Gisèle Halimi qui a osé défendre , avec une éloquence triomphale, une jeune fille et sa mère, accusées d'avortement. L'avocate a obtenu l'acquittement; en suite de quoi, les lois répressives, disqualifiées, ont pu être abolies. Je rappelle aussi le courage de Simone Veil , magistrate et ministre, qui a su mettre au point et faire voter en 1974, par une Assemblée nationale très perturbée, la loi révolutionnaire qui dépénalisait l'interruption de grossesse. Aujourd'hui, nous aurions grand besoin de juristes féministes compétentes qui sauraient piloter la réforme du code du travail!

-- Du côté des femmes médecins les actions sont moins spectaculaires, mais tout aussi importantes. Quand les facultés de médecine se sont ouvertes aux femmes, à la fin des années 1860, l'obstétrique, la gynécologie, la pédiatrie étaient entièrement aux mains des grand patrons masculins; les corps des femmes et des enfants appartenaient aux hommes. Les premières femmes médecins, aux débuts de la IIIe République, ont mis en valeur le service maternel, présentant chaque mère, comme un "fonctionnaire social" de grand mérite; elles ont plaidé en faveur du congé de maternité pour les travailleuses ; elles ont réclamé une éducation sexuelle, pour protéger les jeunes filles, et les jeunes épouses, contre les maladies vénériennes. Plus près de nous, les femmes médecins ont inventé la gynécologie médicale, qui veille sur la santé des femmes à tous les âges de la vie, pas seulement au service de la procréation. Le nombre des femmes médecins ne cesse d'augmenter, et leur cabinet devient parfois un lieu de confidences et d'entre aide. Elles sont aussi de plus en plus nombreuses dans les hôpitaux et les cliniques, où elles apprennent à écouter les doléances spécifiques du sexe faible.

-- Quant aux enseignantes, elles auraient beaucoup à faire! Je bats ma coulpe. Quand mes enfants étaient petits, j'enseignais dans le secondaire. Je n'ai jamais eu l'idée de demander l'organisation sur place d'une crèche ou d'une garderie qui m'auraient bien simplifié l'existence ! Je n'ai jamais posé un regard critique sur des programmes d'histoire qui ignoraient le féminin ! Pour commencer, il faut déraciner une idée fausse . Sous prétexte de respecter la liberté des parents, les responsables de l'instruction publique ont décidé que les enseignants se borneraient à transmettre des savoirs, les parents restant en charge de l'éducation. Partage impossible! Enseignantes et enseignants sont pour leurs élèves des adultes modèles, jugés pour leur conscience professionnelle, leur équité, leur bienveillance, et même pour leur tenue vestimentaire. Mieux encore. Beaucoup d'enseignants sont eux-mêmes parents : ils pourraient servir de trait d'union entre les familles et l'école, chercher des accords et des collaborations, afin que les enfants se sentent bien encadrés, bien suivis, sécurisés. En matière d'éducation morale et d'éducation sexuelle, il y aurait beaucoup à faire ensemble... Mères et enseignantes, parents et enseignants ont à réfléchir en commun sur tous les problèmes, difficiles, astreignants, mais inéluctables, que pose l'éducation. Chaque génération doit se sentir solidairement responsable de la suivante. Même les personnes qui n'ont pas d'enfants sont impliquées, puisque les enfants des autres paieront leur pension de retraite.

3. Au-delà du cadre professionnel et du cadre familial, toutes nos relations pourraient être illuminées par l'éclairage féministe. Sans attendre la parité, chacune doit se sentir, se vouloir à égalité d'initiative et de responsabilité avec les hommes, toujours et partout. L'égalité est d'abord une conviction intime, une motivation, et la motivation maternelle est irrésistible. Un objectif séduirait, je crois, la plupart des femmes, c'est la promotion du care, : restaurer les valeurs de soin, d'écoute , d'attention aux plus faibles, face à la brutalité d'un néolibéralisme impitoyable. Cultivons ensemble la cohésion , l'élan commun.

Le projet originel de notre association DEMETER-CORE était de cofonder un pôle permanent de recherches, d'échanges et d'entraide, dans l'aire méditerranéenne, au service des femmes - sans oublier les mères! Nos Rencontres d'avril vont dans ce sens, celui d'un rassemblement, plus militant que jamais. Nous espérons pouvoir les renouveler, en développant leurs objectifs.

Je termine en proposant ma définition du féminisme éternel. Le féminisme, c'est, tout simplement, l'autre face, trop longtemps cachée de l'humanisme. L'humanisme se donne pour fin l'épanouissement de la personne humaine. Oui. Mais les théoriciens de l'humanisme, très attachés aux valeurs universelles, ont négligé le fait que la personne humaine est sexuée : ce qui convient à l'épanouissement d'un humain ne suffit pas toujours à l'épanouissement d'une humaine. Les combats humanistes ne cessent jamais , parce que les changements sociaux font naître sans cesse de nouvelles injustices et de nouvelles inégalités entre les humains. De même les combats féministes ne connaîtront jamais de fin, parce que les changements sociaux suscitent toujours de nouvelles inégalités entre les hommes et les femmes. Un équilibre ne s'établit que quand les femmes se montrent capables d'exprimer fermement leurs désirs et leurs besoins.

. .

Voir les commentaires

PROCHAINES RENCONTRES DEMETER CORE

3 Mars 2016, 18:11pm

Publié par association Déméter-Coré

Notez notre prochain RV important, organisé avec le Forum Femmes Méditerranée  :

19 et 20 avril 2016 - à la Villa Méditerranée à Marseille

LES FEMINISMES AUJOURD'HUI ET DEMAIN : transmissions et débats

Le féminisme est un mouvement social qui a fortement infléchi les mutations culturelles des deux derniers siècles, d'abord en occident, puis dans le reste du monde. Son objectif reste immuable : il s'agit toujours et partout de mettre fin à la subordination traditionnelle des femmes et du féminin, d'affirmer l'égalité entre les femmes et les hommes. Les actions militantes ont déjà remporté de grandes victoires. Pourtant aujourd'hui, l'inquiétude renaît. Les inégalités anciennes ne reculent que lentement, et de nouvelles difficultés surgissent. Nous constatons que les bonnes lois ne suffisent pas : encore faut-il qu'elles soient appliquées, ce qui est loin d'être acquis. Bien des femmes sont mal informées, d’autres ne cherchent pas à s'approprier leurs droits. En outre, les grands bouleversements sociaux contemporains, notamment les migrations, plus largement la mondialisation posent des questions imprévues au modèle républicain. Face à ces nouveaux défis, les féministes sont loin d'âtre unanimes; elles ne l'ont d'ailleurs jamais été. Au cours de ces rencontres, nous souhaitons faire quelques mises au point en laissant du temps pour le débat.

TABLES RONDES organisées en collaboration avec Collectif 13 droits des femmes, Gendermed et Rusemeg :

Qui est féministe en 2106 à Marseille et dans le monde ?

Féminismes et maternité

Féminismes, laïcités, religions

Féminismes, controverses, transmissions

Féminismes et mondialisation

projections des documentaires : "He named me Malala" et "la révolution des femmes, un siècle de féminisme arabe"

Programme plus détaillé prochainement 

inscriptions et réservations des repas  : association.demeter.core@gmail.com

 

 

Voir les commentaires

Journée de la femme 2016 à Aix en Provence

3 Mars 2016, 17:51pm

Publié par association Déméter-Coré

12 mars 2016 - journée de la femme organisée par la mairie d'Aix en Provence

12 mars 2016 - journée de la femme organisée par la mairie d'Aix en Provence

Le programme de la journée est consacré au thème :

FEMMES ET LIBERTES

Vous pourrez y retrouver Yvonne KNIBIEHLER qui fera une conférence-débat de 14h30 à 16h : Féministes et féminismes aujourd'hui et demain

RV au centre social Chateau de l'horloge - Jas de Bouffan - salle 300

Voir les commentaires

JOURNEES SPIRALE - Marseille - 2015

20 Novembre 2015, 17:02pm

Publié par association Déméter-Coré

Yvonne Knibiehler interviendra aux JOURNEES SPIRALE vendredi 27 novembre

Yvonne Knibiehler interviendra aux JOURNEES SPIRALE vendredi 27 novembre

Le prochain numéro de la revue SPIRALE, publiée par les éditions érès (Toulouse), pose une question provocante: " Les nouveaux lieux d'accueil de la petite enfance construisent-ils de nouvelles parentalités?" .

Yvonne Knibiehler apporte une réponse d'historienne. Après avoir évoqué les pratiques et les représentations qui caractérisaient la maternité traditionnelle, elle analyse les dynamiques modernes qui ont déconstruit cet héritage; puis elle tente de préciser les relations entre les mères d'aujourd'hui et les personnels qui accueillent les jeunes enfants.

Dans les anciennes sociétés, rurales et artisanes, la mère était d'abord nourricière. Non seulement elle allaitait ses petits, mais elle produisait des aliments : autour de sa maison, elle entretenait un potager, un poulailler, une laiterie, une auge à cochons; elle pétrissait et cuisait le pain, elle préparait la soupe et les conserves pour l'hiver, elle était le premier médecin de la famille. Cependant, elle devait obéissance à son époux, seigneur et maître. S'il avait besoin d'aide, elle le suivait aux champs, même enceinte ou allaitant; si l'excès de travail provoquait le perte du fœtus ou du nourrisson, tant pis, elle serait bientôt à nouveau "grosse". Dans les couches supérieures, le mari n'aimait pas partager son épouse avec un nourrisson braillard et sale; aussi les dames de qualité recouraient-elles à des nourrices et à des bonnes d'enfants. Le père, doté de la puissance paternelle, régnait sur la famille, comme le Roi régnait sur ses sujets. Les féministes parlent de patriarcat , de domination masculine. La vie ici-bas était très dure, mais la foi en Dieu, l'espoir d'accéder post mortem aux béatitudes éternelles, aidaient les gens à accepter leur sort.

Ce fonctionnement a civilisé la famille occidentale pendant quinze siècles. Il est entré en déclin au cours du XVIIIe siècle, à mesure que la philosophie des Lumières s'est imposée. A cette époque, les conditions de vie se sont progressivement améliorées, grâce à des avancées techniques et scientifiques dans tous les domaines - l'agriculture, l'élevage, l'industrie, la médecine. L'idée de progrès ici-bas a pris naissance, ainsi que celle de bonheur ; le salut éternel a perdu de son prestige et l'emprise de l'Eglise s'est réduite. En même temps, l'individu a pris valeur en soi, au lieu d'être soumis à l'intérêt collectif. Les juristes ont inventé les "Droits de l'Homme", droits "naturels", qui appartiennent à tout être humain, du seul fait de son humanité : ce qui implique l'égalité entre eux, et la liberté pour chacun , c'est-à-dire l'abolition de toute hiérarchie autre que celle qui se fonde sur le mérite personnel. La Révolution française a tenté d'imposer ces principes. Mais les terribles dérapages qu'elle a connus - la Terreur - ,ont jeté une ombre sur l'idéal des Lumières. Les codes Napoléoniens ont étroitement borné la Liberté et l'Egalité, surtout aux dépens des filles d'Eve. La puissance maritale et la puissance paternelle ont été presqu'intégralement rétablies. A quelques exceptions près les femmes , parce qu'elles avaient encore beaucoup d'enfants, et parce que le mortalité infantile restait élevée, se sont laissé persuader que leur domaine d'intervention par excellence était la vie privée, que leur pouvoir propre était le pouvoir domestique, pendant que les hommes organisaient la vie publique. Aujourd'hui encore, consciemment ou non, bien des gens en restent là.

C'est seulement au cours du XXe siècle que les choses ont vraiment changé. Plusieurs facteurs y ont contribué. Pendant la guerre de 1914-1918, les femmes ont remplacé les hommes mobilisés, dans toutes sortes d'activités dont on les croyait incapables: elles ont pris confiance en elles-mêmes. Elles ont écouté plus volontiers les arguments des premières féministes, les suffragistes qui réclamaient, le droit de voter et d'être élues pour pouvoir changer le lois . Un autre facteurs majeur fut le progrès des sciences biologiques et médicales: les médecins de l'ère pasteurienne, ont su lutter contre les maladies infectieuses qui décimaient les jeunes enfants. La réduction de le mortalité infantile a permis aux couples de réduire leur fécondité, bien avant la pilule . Après la seconde guerre mondiale, la prospérité des "Trente glorieuses" (années 1945-1975) a offert aux femmes l'opportunité de "travailler" hors du foyer familial . Bon nombre d'entre elles, plus instruites que leurs mères, se sont engagées dans des métiers naguère réservés aux hommes. A la même époque la mise au point de contraceptifs très efficace a permis aux femmes de maîtriser seules leur fécondité.

Ces bouleversements ont transformé les relations entre les femmes et les hommes, entre les mères et les pères. entre les parents et la société. . L'Etat avait d'abord souhaité retenir les femmes au foyer en distribuant des allocations familiales. Mais la main-d'œuvre féminine, docile, capable, est très appréciée des employeurs. Les pouvoirs publics ont donc cherché à faciliter la vie des mères en emploi en ouvrant des crèches, et en facilitant le travail à temps partiel. De leur côté, les femmes, mères comprises , ont découvert les avantages du travail hors du foyer : elles y trouvaient une autonomie précieuse (pas seulement économique), une reconnaissance sociale, et aussi des relations personnelles souvent agréables Celles qui avaient de jeunes enfants ont eu recours à des gardiennes de jour, qu'on appelait encore "nounous", parce qu'on attendait d'elles l'équivalent des soins maternels. Entre les deux femmes, l'accord se faisait de gré à gré, sans contrat ni contrôle. La mère récupérait son petit tous les soirs et tous les week-end: elle prétendait ainsi rester mère à part entière sans quitter son travail . Mais c'était le plus souvent au prix d'une "double journée", à la fois épuisante et culpabilisante. Beaucoup ont adopté le travail à temps partiel. Mais du coup, leur rémunération se trouvait réduite, ainsi que leur pension de retraite: elles étaient pénalisées, sans avoir commis aucune faute. Elles ont fait appel au père de l'enfant. " Les nouveaux pères" se sont mobilisés avec entrain; mais à leur manière,dans certaines limites, sans se laisser domestiquer . Du reste bien des mères, consciemment ou non, restent très attachées à leur" pouvoir domestique", pouvoir sur les choses mais aussi sur les corps , pouvoir sur ceux que l'on nourrit et que l'on soigne. Et on ne peut oublier que la "libération sexuelle" a multiplié le nombre des mères qui élèvent seules leurs enfants.

Bref à la demande des parents et des mères elles-mêmes, les lieux d'accueil et les modes de garde des jeunes enfants se sont multipliés . A la même époque les sciences psychologiques connaissaient un essor sans précédent. Notamment la psychologie de l'enfant, la pédopsychiatrie , la psychanalyse révélaient la vulnérabilité du jeune enfant, et invitaient à veiller plus attentivement sur son éducation. Les avertissements des médecins du psychisme, se superposaient à ceux des médecins du corps L'Etat et les pouvoirs publics s'en sont émus. Soucieux de protéger à la fois les jeunes enfants et les personne qui se chargeaient de les garder, ils ont organisé les nouvelles professions . Les divers personnels des crèches - puéricultrices éducatrices et auxiliaires - doivent recevoir des formations appropriés , authentifiées par un diplôme. De même les gardiennes qui accueillent les enfants à leur propre domicile, doivent être agréées par la PMI, recevoir, elles aussi une formation, et se conformer à des règlements qui précisent leur rémunération et leurs conditions de travail . Ce qui signifie que les parents n'ont plus autorité sur les personnes à qui ils confient leurs enfants, alors même qu'ils les paient.. . Les parents, qui ne reçoivent aucune formation, risquent même de se trouver en situation d'infériorité par rapport aux spécialistes de l'accueil et de la garde. Qui décide? qui commande? . Les "spécialistes" qui élaborent les programmes de formation, s'en remettent à la SCIENCE ,qui, depuis la révolution pasteurienne, remplace la volonté divine .

Objections.

1. La science n'est rationnelle que si elle se remet chaque jour en question : celle de demain peut invalider celle d'aujourd'hui. C'est encore plus vrai pour les sciences humaines que pour les science dites dures, parce que chaque individu (en l'occurrence chaque enfant) est différent des autres, et change en grandissant.

2. Si les spécialistes définissent ce qu'est un bon parent, s'ils établissent un cahier des charges, les parents consciencieux risquent de vouloir respecter les consignes, plutôt que d'être attentifs aux besoins propres de leur enfant...

3. Enfin les spécialistes ont tendance à se méfier des sentiments. Depuis Freud, l'amour maternel est suspect: souvent abusif, sauvage, aveugle. Naguère, si on demandait à une femme pourquoi elle voulait devenir assistante maternelle, ou employée de crèche, elle répondait: "Parce que j'aime les enfants, je suis heureuse avec un bébé dans les bras". Cet argument n'est plus valable. Les professionnelles apprennent que donner trop d'amour aux enfants qu'on leur confie, c'est supplanter la mère, ce qui est inacceptable; elles exercent un métier, elles ne sont pas dans le rôle de parent. N'est-ce pas là un préjugé nuisible? . L'amour peut-il être de trop??? . Il faut réagir contre cette erreur . Prendre soin d'un petit enfant procure un épanouissement charnel et affectif intense. Pourquoi condamner, l'amour, alors que c'est le meilleur de tous les soins..

D'un autre côté, les jeunes parents, les jeunes mères demandent des directives. Jadis encadrées et conseillées par leurs aînées, elles attendent aujourd'hui beaucoup des gens réputés compétents. Il faut les habituer à prendre en compte leur expérience personnelle, et la singularité de leur propre enfant. Leur demander de contribuer à l'élaboration du savoir, et de mesurer les limites du savoir des autres. Il n'y a pas de science sûre, pas d'éducateur parfait, pas d'enfant parfait.

A la question posée par la revue SPIRALE, voici donc ce que je réponds. Les nouveaux lieux d'accueil de la petite enfance ne peuvent pas construire de nouvelles parentalités sans le concours étroit et permanent des familles. Ils ne sauraient être que des traits d'union entre les chercheurs en sciences humaines et l'expérience quotidienne des parents. En vérité il appartient d'abord aux parents eux-mêmes de construire leur parentalité personnelle, en relation avec leurs conditions d'existence, et surtout en relation avec le bonheur d'aimer et d'élever leurs enfants.

Pour finir je voudrais faire état d'une hallucination (d'une prémonition?) qui me hante parfois. Dans un siècle ou deux, affirment certains savants, les progrès des sciences biologiques et médicales permettront d'éviter aux femmes les épreuves de la grossesse et de l'accouchement : la fécondation in vitro produira des embryons en éprouvette; après sélection, ceux-ci seront couvés dans des récipients appropriés durant neuf mois; et ensuite sortis à terme dans les meilleures conditions . Les nouveau-nés, les jeunes enfants, seront soignés et élevés par des professionnels parfaitement compétents, en attendant que des éducateurs spécialisés prennent en main leur éducation . Quel soulagement pour les parents! Ceux-ci seront d'ailleurs peu nombreux. Car les progrès des sciences biologiques et médicales auront accru la longévité de notre espèce. Et pour éviter le surpeuplement de la planète, la procréation devra être réduite , conformément aux directives des démographes. On y va tout droit. Pourquoi pas? Je ne sais pas si ce sera "Le meilleur des mondes ". Pour l'historienne que je suis, ce sera une étape nouvelle dans l'histoire de l' humanité.

Yvonne KNIBIEHLER

VOIR LE PROGRAMME COMPLET DES JOURNEES SPIRALE : http://www.spirale-bebe.fr/monsieur_bebe/les_journees_spirale/journee_d_etude_avec_spirale_-_2015/4_programme.htm

 

Voir les commentaires

DEMETER-CORE et LES FEMINISMES

9 Novembre 2015, 18:08pm

Publié par association Déméter-Coré

Et le féminisme ? où en est-il ? où va-t-il ?

Et le féminisme ? où en est-il ? où va-t-il ?

DEMETER-CORE va travailler sur le féminisme. Un questionnaire est d'ores et déjà en cours de diffusion. Des Rencontres seront organisées les 17,18 et 19 mars 2016. Pourquoi ce projet?

Le féminisme est un mouvement social important, qui a fortement infléchi les transformations de la société et de la culture occidentales, d'abord en Occident, puis dans le reste du monde. Son objectif est immuable : il s'agit, toujours et partout, de mettre fin à la subordination traditionnelle des femmes et du féminin, d'affirmer l'égalité entre les femmes et les hommes.

Dans un premier temps, les féministes ont revendiqué et obtenu l'égalité des droits : droits politiques (voter, être éligible dans toutes les instances de pouvoir), et droits civils (liberté et égalité devant la loi pour tous les actes de la vie). Dans un second temps, les féministes ont revendiqué et obtenu des droits sociaux, spécifiquement féminins, liés à la condition maternelle: protection de la maternité par les assurances sociales et par le code du travail; et aussi droit de refuser la maternité, grâce à la dépénalisation (sous conditions) de la contraception et de l'avortement. Ces réformes capitales paraissaient capables d'assurer l'égalité des sexes.

Mais aujourd'hui, il faut bien reconnaître que les inégalités anciennes ne reculent que lentement, tandis que de nouvelles difficultés surgissent. En effet, plusieurs facteurs négatifs sont à l' œuvre simultanément.

Primo. De bonnes lois ne suffisent pas : encore faut-il qu'elles soient appliquées, ce qui est loin d'être acquis. Ce que les féministes nomment " la domination masculine" semble douée d'une vitalité invincible : elle se reconstruit sans cesse, peut-être involontairement, ou inconsciemment, en s'adaptant à tous les contextes!

Secundo. Bien des femmes ne cherchent pas à s'approprier leurs droits. Certaines sont mal informées; d'autres choisissent de ne pas en faire usage (ou seulement de certains). Certaines osent les contester, préférant les modèles anciens, désirant élever des enfants et privilégier leur bonheur privé, familial, plutôt que de se lancer dans une carrière brillante, qui exigerait trop d'effort et de compétition. Il est vrai que les normes sociales valorisent encore l'investissement des femmes dans la sphère privée. Mais le mouvement féministe a diffusé de nouvelles normes de femme libérée, qui pèsent tout autant, notamment sur les couches moyennes cultivées, celles qui donnent l'exemple

Tertio. Enfin et surtout, lles grands bouleversements sociaux actuel,, notamment les migrations, plus largement la "mondialisation", font émerger des droits nouveaux, les droits culturels, qui posent des questions imprévues à l'universalisme républicain . Par exemple: "Je suis juive, je ne veux pas passer un examen le jour du sabbat". Ou bien: "Je suis musulmane, je veux porter un voile". Ou encore : "Je suis bretonne, je veux pouvoir apprendre ma langue."...

La société évolue vers toujours plus d'individualisme. Le respect des droits personnels est exigé avec de plus en plus de force. Les homosexuels, les bisexuels, les transsexuels veulent pratiquer au grand jour. Les études sur "le genre" remettent en question tous les partages traditionnels entre le féminin et le masculin. Enfin la crise économique fragilise les familles et provoque des replis identitaires sur les cadres anciens.

Face à ces nouveaux défis, les féministes sont loin d'être unanimes. Elles ne l'ont d'ailleurs jamais été. Le féminisme a toujours été pluriel, reflétant la diversité des aspirations féminines, selon les lieux, les milieux, les moments. Ces désaccords constituent une richesse, non une faiblesse. Il convient de les reconnaître; mais il faut aussi savoir les surmonter pour acquérir un maximum d'efficacité.

C'est pourquoi nous engageons une réflexion, notamment lors de journées de rencontre en mars 2016 (dates à confirmer).

Nous aurons à débattre sur la transmission des féminismes: " Qu'est-ce qui doit être transmis ? Qui transmet ? comment ?

Cinq tables rondes sont prévues; elles feront très large place aux débats avec le public. 1. Qui est féministe aujourd'hui à Marseille, et dans les Bouches du Rhône ? (résultat du questionnaire). 2. Féminismes et maternités. 3. Feminismes, laïcité, religions. 4. Féminismes. Débats et transmissions. 5. Féminismes et Mondialisation.

Joignez-vous à nous. Remplissez le questionnaire. Envoyez-nous des critiques constructives, et beaucoup d'idées!

 

Voir les commentaires

LA REVANCHE DE L'AMOUR MATERNEL ?

16 Septembre 2015, 11:44am

Publié par association Déméter-Coré

LA REVANCHE DE L'AMOUR MATERNEL ?

LA REVANCHE DE L'AMOUR MATERNEL ?

Yvonne KNIBIEHLER présente son dernier livre paru début septembre chez ERES

"Mon dernier livre s'intitule La revanche de l'amour maternel?. En vérité je ne prends aucune revanche. Je prétends seulement analyser, en toute lucidité, le début d'une nouvelle étape dans l'histoire des mères et de la maternité. L'amour maternel avait été mis en valeur, au temps des Lumières, par Rousseau entre autres. Deux siècles plus tard, il est devenu quelque peu suspect, tant pour les psychanalystes que pour les féministes des années 1970-1980. Depuis la libération sexuelle il est passé sous silence. Aujourd'hui, les femmes disposent de tous les droits civils et politiques, elles peuvent exercer les mêmes activités que les hommes. Pour autant, elles ne renoncent pas à avoir des enfants, même si elles ont désormais le choix : la plupart veulent être à la fois mères et "actives". Cette revendication s'inscrit dans un nouveau système de représentations : chacune veut d'épanouir dans sa vie publique comme dans sa vie privée. Or la maternité pèse sur les femmes, bien plus que la paternité ne pèse sur les hommes, d'abord pour des raisons biologiques évidentes, mais aussi dans la vie quotidienne et dans les mentalités. La société attend toujours plus d'une "bonne mère" que d'un "bon père", même si le cahier des charges n'est jamais précisé, ni pour l'une, ni pour l'autre . Quelles sont les conséquences?

Les femmes qui ont des enfants sont souvent handicapées dans leur vie professionnelle, freinées dans toutes leurs ambitions, et parfois très éprouvées moralement, surtout quand le père est défaillant... Elles "se débrouillent", plus ou moins bien. En tous cas, leurs comportements et leurs revendications contraignent la société à des choix politiques et culturels : il faut élever les jeunes dans un nouveau contexte, il faut imaginer des modes de "conciliation", d'articulation, d'équilibre entre la vie familiale et l'activité professionnelle , redéfinir la "parentalité". A l'évidence, la volonté qu'ont les femmes de cumuler travail et maternité ouvre la porte à un remaniement profond de l'organisation sociale: il faudra repenser la condition maternelle (ainsi que la condition paternelle) et réformer de fond en comble le code du travail. Quant aux féministes , elles ont un seuil à franchir. Si, dans les années 1970-1980, il état justifié de mettre la maternité de côté, ce n'est plus le cas aujourd'hui, puisque les femmes réintroduisent elles-mêmes leurs soucis maternels dans la vie publique. Il convient de placer le sujet mère à côté du sujet femme, de rendre aux mères une meilleure visibilité, une forte présence, une lucidité responsable et combative

Revisitons l'amour maternel ! Quelque chose passe à travers lui, bien au-delà des mots, de la raison et de la science. Quelque chose d'essentiel à la culture humaine. Rousseau l'avait pressenti... Face aux menaces de la société néo-libérale, l'amour maternel est un levier qui pourrait faire bouger le monde."

 

présentation de l'ouvrage sur youtube

présentation de l'ouvrage sur youtube

cliquez ici pour voir la video sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=bcSqvhoAJwI

UN LIVRE A COMMANDER chez votre libraire ou sur le site de l'éditeur ERES où vous pourrez découvrir également la collection 1001 BB dirigée par Patrick Ben Soussan : http://www.editions-eres.com/parutions/enfance-et-parentalite/1001-bb-du-cote-des-parents/p3659-revanche-de-l-amour-maternel-1001bb-n-142-la-.htm

A VOS CRITIQUES ! A VOS COMMENTAIRES ! les livres sont une invitation au dialogue. Vous pouvez utiliser la rubrique commentaires pour donner votre avis sur les idées portées par ce livre

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 > >>